samedi 10 décembre 2011

Vivre au dessus de ses moyens VS se donner les moyens de vivre

Dans les maisons nuages du monde des Bisounours, la Fée Follay entend souvent le même refrain en ce moment. Ce refrain consiste à dire que les Européens ayant vécu pendant des années au dessus de leur moyen, il est bien juste de les voir enfin passer à la caisse. Cela m'interpelle. Personnellement, avant d'atterrir dans ce monde merveilleux où le comble du bonheur consiste à tenir une bière dans une main et mettre sur le feu une saucisse de l'autre, ai-je eu le sentiment de vivre au dessus de mes moyens? Autrement dit, avons-nous été été éduqués, soignés, protégés plus que ce que le dur labeur de notre peuple ne me le permettait? J'ai beau y réfléchir, franchement, non, je ne vois pas, je ne vois pas qui dans mon entourage français, profite de l'Etat-Providence en y tirant un bonheur ou une fierté particulière. En revanche, je pourrais nommer un nombre infini de personnes ayant une tête bien faite, en bonne santé pour leur âge, et malgré tout, assez protégés par les menaces extérieures telles que le chômage (quoique cela se fasse bien rare).
Mais alors, ce serait donc cela vivre au dessus de ses moyens? Avoir accès à un certain nombre de services publics maintenant dans la mesure du possible une égalité des chances par une redistribution équitable de la richesse, assurant une protection social contre les risques de la vie, garantissant à chaque citoyen de quelque milieu social qu'il soit éducation, santé, justice, voire emploi? Ne serait-ce pas simplement se donner les moyens de vivre?
Mettre des idées pareilles dans la tête des Bisounours, c'est mettre en œuvre un nivellement par le bas généralisé. Détruire les derniers Etats-Providence, pour instituer globalement l'Etat-Police, c'est le retour de l'état de nature au détriment du contrat social.
Je ne dis pas que rien ne doit être changé. Au contraire, l'Etat-Providence doit être modernisé: redistribution des richesses par une réforme en profondeur de l'impôt (voir mon post "Les cigales, les fourmis et l'impôt négatif"),  retour aux fondamentaux de l'activité bancaire (voir mon post "La prise d'otage permanente"), renforcement de l'éducation pluridisciplinaire (voir mon post "L'école des hommes"), innovation permanente par la stimulation des esprits et compétitivité par la recherche de la qualité et non par la course au profit (voir mon post "Travailler mieux pour gagner encore"), Gouvernance fédérale mondiale et renforcement de l’État dans les domaines économiques de concert avec une redéfinition mondiale de l'éthique et du travail (voir mon post... bientôt disponible!).
Outre mon invitation pas très subtile à (re)lire mes anciens billets, je vous invite à vous poser la question suivante: vivez-vous au dessus de vos moyens ou vous donnez-vous simplement les moyens de vivre? Ne doutant pas de votre réponse, je vous propose alors d'entrer dans la révolution des esprits: Insurgez-vous contre les règles établies et les lavages de cerveaux des agences de notations et autres partis neo-capitalo-con/servateurs.
Donnez-vous les moyens de vivre, car vivre, c'est garder intacte sa capacité à se révolter.

mercredi 9 novembre 2011

La rigoleur

La Fée Follay a envie de se faire plaisir aujourd'hui. C'est un peu lâche et pas vraiment constructif mais ça ne fait pas de mal de temps en temps. Et puis l'été arrive, alors je n'ai pas envie d'être énervée. J'ai envie de rire et de légèreté. J'ai envie de parler de l'ambiance à l'UMP. Ou comment préparer une élection 5 ans à l'avance.

Cope frétille, trépigne, se délecte des conflits internes, et se prend même pour JP Foucault, en tant que grand organisateur du PSthon. On aurait voulu faire un concours de mauvaise foi, on n'aurait pas fait mieux. Ce que j'aime le plus chez lui, c'est quand il prend son air complètement désabusé pour défendre l'UMP. Et son côté "j'assume: on a un bilan catastrophique, qu'on me demande de défendre, mais pour dire vrai, je m'en fous, je préfère qu'on perde en 2012, et me mettre sur le rails pour 2017". Autant quand il y croit à ses arguments (la plupart du temps idiots), je le déteste. Mais là, quand il n'y croit pas du tout, je le trouve plutôt drôle.

Dans le même genre, on a Morano. Alors elle, c'est la meilleure groupie de NS. Elle doit être la seule en France qui n'a pas encore compris que "travailler plus pour gagner plus" c'est de l’esbroufe totale. Qu'on n'ait pas compris ça en 2007, ça m'avait déjà inquiété quant à l'état du peuple de France. Mais qu'on ne l'ait toujours pas compris 5 ans après, en tant que responsable politique de surcroît, là je me dis que le cas est vraiment désespéré. D'un certain côté, ça me fait de la peine pour la pauvre Nadine. Déjà, elle s'était ridiculisée en faisant la promo de l'album de Carla, mais alors là, c'est pire que les fans de Claude François. Avec sa gouaille digne des meilleures vendeuses du port de Marseille, on croirait qu'elle veut piquer la place de comique de droite à Anne Roumanoff.

Dans le club des groupies, je ressors le vieux grimoires et hop! C'est le nom de la Dati qui ressort. Je l'avais presque oubliée! Elle devait peut-être s'occuper de sa fille, ou déguster des cornes de gazelle au Qatar (ah non, on me dit dans l'oreillette qu'elle était / est maire du VIIème à Paris). Je savais qu'elle était pugnace et complètement égocentrique. Elle en est devenue une véritable caricature. D'une certaine manière, elle attire ma sympathie. Avoir été portée aux nues tel le modèle suprême de l'intégration puis jetée comme une malpropre, ça m'aurait donner des envies de revanche, rien que pour faire chier le monde. Allé Rachida, ne fais pas comme Jean-Louis, emmerde les à fond et présente toi contre Fillon!

Jean-Louis parlons en. Mais qu'est-ce qu'il nous a fait? Il a détruit toute sa crédibilité. Comment peut-on croire désormais un homme qui a littéralement baissé sa culotte devant le roi? C'est avec de tels bourgeois qu'on va faire la révolution. Quel manque de courage politique. Ses idées n'étaient pourtant pas toutes mauvaises, et s'adressaient, du moins je le pense, à un électorat de droite, mais pas de droite dure à la Guéant! Il nous a refait le coup de MAM en 2007. On connait la suite.

Je pourrais parler des lieutenants Guéant, Hortefeux, Guaino, mais à vrai dire, la version France Nazie colportée par ces individus ne me fait pas rire.

Alors je vais terminer par celui qui de par son entrain même résume à lui seul le moral de la France. Je veux bien entendu parler de Fillon. Fillon qui, c'est fait, nous a annoncé les grandes mesures de la rigueur: la spoliation de la classe moyenne des français, enveloppée par les résidus du décrottage des mesures phares du quinquennat. Le chantre du réalisme infondé. Qu'il y ait une dette énorme soit. Il faut impérativement régler ce problème. Non, nous ne pouvons pas vivre à crédit éternellement, il faut un rééquilibrage des recettes et des dépenses. Mais les mesures proposées ne règleront rien sur le moyen / long terme. Il ne s'agit que de rustines sur le Titanic. Ce qui m'insurge, c'est de voir l'absence de sens politique, de bravoure, de leadership. Va-t-on attendre que la maison s'effondre entièrement pour conclure que le capitalisme tel que pratiqué aujourd'hui est sans issue? Que demande-t-on à des personnes politiques? A quoi sert la politique? Pour moi, l'usage de la politique est de démontrer que demain n'est pas aujourd'hui. C'est la remise en cause de dogmes, la créativité, l'inspiration, le courage de la transformation, qui permet d'aller au delà de ce qui est en place pour transcender l'humanité, qui permet de faire l'Histoire. Et défendre cela comme programme politique, ce n'est pas seulement offrir de l'espoir, c'est proposer de la volonté et des tripes.

Du sang et des larmes nous dit Fillon, je suis d'accord. Du sang, car le peuple doit se battre pour renverser le système établi. Des larmes, oui mais de rire avec l'UMP Comedie Club, car il faut bien se rattacher, toujours, à la légèreté de la vie. C'est un peu ça, la rigoleur.

PS: En me relisant, je me rends compte que j'ai oublié de rendre hommage à la carrière politique de Besson qui a annoncé sa retraite. Chapeau (retourné comme les vestes) l'artiste!

vendredi 14 octobre 2011

Des alliances élégantes au panache de l'union

Après une semaine bien agitée, la Fée Follay a décidé de remettre ses idées en place. J'ai regardé le dernier débat entre FH et MA, avec le plus d'objectivité possible. J'ai attendu (et attends encore) les ralliements. J'ai écouté attentivement les paroles des uns et des autres. Et puis je me suis rappelée 2007.
Quel que soit le candidat choisi ce dimanche, le peuple de gauche, les humanistes, les écologistes, les sociaux libéraux, les sociaux anarchistes, en bref, tous ceux qui veulent un autre modèle que celui du pouvoir de l'argent au détriment de toute valeur humaine, tous ceux là n'auront pas le choix. La priorité est de gagner 2012 contre Sarkozy, c'est à dire contre ceux qui ne changeront rien au monde d'aujourd'hui. Ce sera la première fois en France, qu'il sera possible de réformer les dogmes en profondeur. Notamment parce que le Sénat est à gauche cette fois ci.
Par dogme, j'entends toutes les dérives du système néo libéro-capitalo-conservateur: la concentration des pouvoirs qui entraine la corruption et condamne la véritable démocratie, l’exacerbation des communautarismes comme substitution à l'action sociale, le formatage des esprits via la minimisation de l'éducation, le délitement de l’État en général à l'instar de la loi, l'économie, la souveraineté des peuples, pour ne citer que les principaux.
Je trouve que c'est une opportunité extraordinaire. Je ne parle pas d'espoir, car l'espoir n'est pas un business modèle comme diraient les aficionados de ce système sus-cité. Bien plus que de simplement battre Nicolas Sarkozy, le candidat élu aura donc cette immense responsabilité que de mettre en action les forces vives de cet extraordinaire pays qu'est la France, afin de redonner à la France la place qu'elle a toujours eu dans le monde: inspirer les libertés nouvelles. Il est grand temps d'accoucher des idées des Lumières portées par la Révolution de 1789, de faire enfin vibrer en harmonie ces trois magnifiques mots que sont Liberté, Égalité, Fraternité, de faire du contrat social de Rousseau une réalité (note de la Fée Follay: premier pas nécessaire vers le modèle politique suprême de la social-anarchie). Car si ce n'est pas la France, et aux yeux de l'Histoire, ce n'est pas prétentieux que de l'affirmer, qui pourrait en être l’instigateur?
La responsabilité est donc immense car le droit à l'erreur est interdit. L'erreur serait de ne pas avoir le courage de construire une Europe aux valeurs humanistes fortes, capables de mettre au pas la financiarisation folle. L'erreur encore serait de prôner le réalisme, alors que le postulat à une transformation de modèle est d'être intimement convaincu dans ses entrailles mêmes, qu'aujourd'hui ne sera pas demain. Que celui qui gagne dimanche soit capable d'une totale abnégation de soi. Qu'elle ou il fasse ce cette fonction son sacerdoce.

Alors mes amis, dimanche allez voter, la fleur au fusil. Après les alliances de ces derniers jours, retrouvez vous tous avec joie, célébrez ce premier pas vers les lendemains qui chantent. Combattez les ordres établis et les puissances non naturelles avec force et conviction, pour éviter que ce mouvement des citoyens en marche n'explose telle une bulle financière. Unissez-vous pour demain, gouverner avec panache.
Un autre modèle est possible. Ultime provocation de la Fée Follay, voici de quoi méditer et ouvrir pleinement votre conscience humaine:
"La folie n'était pas un absolu, ils s'étaient tous volontairement embarqués dans un même voyage, et dans un état de conscience qui n'était que "folie" selon les normes courantes" (Tom Wolfe, Acid Test).

lundi 10 octobre 2011

L'impasse française

La fée Follay n’a pas le cœur joyeux. Bien sur elle est déçue. Mais plus que tout, elle est révoltée et en colère de tant d'accumulation d'injustices. Révoltée, soit... Mais en colère?
Oui, car personne ne trouve cela choquant, et ce n’est pas uniquement moi qui l’ecrit, que les idées de SR ont triomphé mais que cette dernière s’est faite salement éjectée au premier tour des primaires ?

Lorsque FH déclare qu’il mesure la déception de SR, mais qu’elle se rassure car ses idées ont gagné, je suis outrée. Pourquoi ne l’a-t-il pas aidée en tant que Premier Secrétaire du PS a faire triompher ces mêmes idées en 2007 ? Où était-il en ce temps là ? Pourquoi ne s’est-il pas à ce moment là, élevé contre les railleries, en particulier de son propre camp, si aujourd’hui il soutient voire même reprend ces idées ? Quel manque de courage, quelle manque d’estime et marque d’irrespect que de se comporter de la sorte. Et encore, je ne m’aventure pas sur le terrain du privé, qui pourrait lui attirer quelques jets de cailloux bien placés de ma part. Quel est le potentiel de leadership de FH ? En a-t-il seulement ? Le consensus comme stratégie pour ne servir que sa personne a une limite : l’attitude condescendante à l’égard des cadavres qu’il a vu s’ammonceler sur son passage, et desquels il a récupèré les restes pour mieux se nourrir. Cela me fait penser aux commandants napoléoniens qui envoyaient sans rechigner les premières lignes jouer du tambour, pour se faire tuer avec brio, et montrer que non, ils n’avaient pas peur de l’ennemi. Je n’ai pas confiance en ce type d’homme apparemment bonhomme, secrètement pas très humain.

Quand MA se pose en rassembleuse de la gauche, après avoir vole le parti à SR, cela me pose un problème d’éthique. Comme le précèdent, elle ne rechigne pas elle non plus à récupérer les idées de SR. Mais là n’est pas le pire. Le pire vient du fait que cette mère éléphante n’aurait pas hésité à se faire empacter par l’ex plus gros pachyderme du PS. Comment expliquer que de nombreux courants sans aucune cohérence les uns avec les autres se rallient autour de MA ? Quelle est sa ligne politique ? A gauche oui, mais quelle gauche ? Avec qui ? Pour qui ? La gauche du care n’est pas la gauche économique de DSK. La gauche d’appareil n’est pas la gauche libertaire de Delanoe. La gauche du compromis n’est pas la gauche velléitaire de Hamon. MA est la farine autour du rouleau à pâtisserie PS : on écrase bien la pâte sans que ça ne colle. Au final, quelle dilution, quelle incohérence dans la vision politique proposée aux français. Instrumentalisée ou chef d’orchestre, MA restera la petite souris déguisée en mère éléphante, dont les marionnettistes ou le public (suivant sous quel angle on se place) ne seront rien d’autre que les militants PS adorateurs des petites cuisines internes. Reste à savoir si la recette de la potion magique à éblouir le peuple de France sera découverte.

Quant aux cas AM et MV, faut-il rappeler que tous deux ont été élevés dans le sérail SR, et c’est en partie grâce a elle qu’ils ont aujourd’hui la résonance escomptée, car SR a permis un dégraissage d’elephants laissant la place aux jeunes les plus fougueux et iconoclastes. Pour moi, le vote Montebourg est une redite des votes psychologiques Bayrou en 2007, et Chevènement en 2002. En effet, les électeurs se pensent toujours plus malins que les tendances. Alors ils votent en masse pour le candidat providentiel, tous fiers d’eux-mêmes d’avoir repris leur liberté dans l’isoloir. Mais la liberté comme pulsion libératrice est stérile, alors que la liberté comme forme d’intelligence est constructrice. Et puis je vais vous faire une confidence. J’ai travaillé directement pour AM pendant la campagne de 2007. Quelques uns de mes mots, présents sur ce blog, se sont retrouvés dans les discours de SR. J’ai investi de mon temps, de mon énergie, et même de ma réputation en m’affichant résolument comme actrice, même minime, de la campagne de SR. Après cela, rien, pas un mot de remerciement, de lui ou de ses équipes. Silence radio. Je n’écris pas cela car je suis amère, je dis cela par soucis de transparence. Je l’ai observé. Et ce qu’il m’a semblé, c’est que cet homme se positionne pour le combat de sa vie : un remix des joutes oratoires des années Science Po contre son ennemi de toujours, Copé. Qu’importe les idées, pourvu qu’on ait la revanche. Et quel meilleur pari que celui de la gauche à gauche contre une droite en délittement.

Pour éviter que ce billet ne se transforme en une déversée de boue en provenance directe du marais poitevin, je voudrais rappeler qu'on ne peut parler de justice sociale et par extension de justice, si l'on ne met pas en accord ses paroles et ses actes, c'est à dire si l'on accepte ou ferme les yeux sur certaines dérives de l'exercice du pouvoir. La France s'enfermera encore plus dans son impasse si elle se refuse à exister en dehors de ses réseaux d'influences, de ses petits calculs conspirateurs, de l'obstruction aux esprits libres. Les espoirs de changement resteront des leurres, dont les plus manipulateurs et habiles, aux lignes éthiques mouvantes, continueront à abreuver le peuple consommateur, lui même s'éloignant de plus en plus du concept de citoyen. Ou comment passer de la démocratie à la dictature de la masse.

Enfin, je rêve d’une élection sans sondage, sans média. D’une véritable élection de terrain a l’issue de laquelle tous les citoyens dignes de ce nom, c'est-à-dire tous les êtres libres, doués d’intelligence et de conscience, votent au suffrage universel ; que l’on découvre pour de bon ce que signifie « la rencontre d’un homme ou d’une femme avec un peuple ». Mais je dois être bien utopiste de rêver à cela, de rêver à une véritable Res Publica qui serait l’affaire de tous, par les citoyens, pour le peuple.

dimanche 9 octobre 2011

Tu votes ou tu sondes?

Les instituts de sondages seraient-ils le passage obligé avant les urnes? J'entends ici et là la même litanie: il faut voter utile à la primaire pour battre Sarkozy. Traduction: comme les sondages ne mettent gagnant que Hollande et Aubry face à Sarkozy, il faut nécessairement faire élire l'un ou l'autre, qu'importe nos idées, fi de nos convictions intimes.
Mon objectif n'est pas de rappeler que les sondages n'ont jamais fait une élection. Non, mon objectif est de réveiller votre conscience citoyenne et votre liberté d'opinion. J'ai écouté les débats, j'ai lu les écrits des différents candidats. Je m'étonne donc que la majorité des personnes autour de moi s'enflamment pour les deux candidats faits reine et roi par les sondages, c'est à dire MA et FH. Je m'en étonne car il me semble que ce sont les deux candidats avec le moins de propositions, et les plus neutres: ni trop à gauche de la gauche, ni trop à droite de la droite, rasage gratis mais on rembourse la dette. Pourquoi les discours les plus consensuels remportent-ils l'adhésion de la masse? A quoi sert la sollicitation des citoyens, voire même la démocratie, si elles sont usées à une seule et même fin: renforcer les compromis mous?
Mais enfin, peuple de gauche, humanistes, esprits vivants, créatifs, libérés, ce n'est pas en cautionnant l'ordre établi que nous allons insuffler le changement! Ayez le courage de vos idées, allez jusqu'au bout du débat politique, fiers et courageux! Faites triompher le débat programmatique au débat d'images. Osez le chamboulement, révoltez vous contre les résultats connus d'avance, prenez en main votre destin. Quoiqu'il en soit, quel que soit le candidat désigné pour ces primaires du PS, nous ne ferons pas l'économie d'un rassemblement. Également, quel que soit le candidat désigné, il sera le meilleur, car porté par une dynamique. Raison de plus pour renverser les tendances que l'on voudrait nous faire avaler avant le vote.
On parle du succès des primaires comme un fait presque déjà établi. Pour ma part, je pense que le succès n'en sera pas un si l'on ne fait pas mentir les sondages. Ne vous faites pas voler vos primaires! Faire gagner les sondages, c'est faire gagner l'uniformisation des esprits.
Le vote n'est pas un examen auquel l'unique bonne réponse serait la réponse des enquêtes d'opinion. Non, le vote est un moyen d'expression et par extension, une possibilité de changement, l'occasion de faire entendre sa voix et de prendre son destin en main.

Alors, en ce dimanche de premier tour des primaires du PS, chers camarades, sympathisants de gauche, adhérents aux valeur de la gauche, humanistes, utopistes, sociaux-anarchistes, levez-vous, soyez dignes du droit de vote, et portez aux urnes la rupture avec l'ordre établi.

lundi 26 septembre 2011

Travailler mieux pour gagner encore

Travailler plus pour gagner plus, ou comment écrabouiller le travail.
Si l'on veut créer de la croissance demain, ce n'est pas une question de volume qu'il faut se poser, mais une question de qualité. Nous devons innover à nouveau, et faire entrer tous nos brillants cerveaux en ébullition pour créer utile, et produire bien avant de produire en masse.
Je regardais récemment un reportage sur la création de google. Et je me suis demandée pourquoi cela ne se passe pas en France. Alors que, je le maintiens, nous avons TOUS la possibilité d'accéder à une éducation de très haut niveau, qui nous donne la possibilité de penser juste et en connaissance de cause au lieu de régurgiter des théories.
En tant qu'être humains, nous avons l'intelligence, nous ne sommes pas des machines de productions. Tâches répétitives, travaux sans intérêt, dilution du sens intrinsèque du travail, pressions inutiles, rentabilité au détriment de la qualité, reproduction de schémas de production usés etc... La liste des facteurs de déshumanisation du travail est longue.
Ma proposition, la voilà: travailler mieux pour gagner mieux. Comment? En boostant la compétitivité de nos produits existants, et en planifiant les grandes lignes de notre politique industrielle. Nous devons remettre la valeur au centre de nos préoccupations de productions. Nous devons en parallèle structurer et favoriser les investissements vers des industries stratégiques, décidées par l'Etat en coordination avec les acteurs économiques et sociaux (au passage, on redonne un peu de lustre à la politique en lieu et forme des pouvoirs financiers).
Les cerveaux sont là, les ambitions aussi. Ce qui manque, ce sont les soutiens à la jeunesse et à l'intelligence. Dans un pays un peu trop conservateur comme la France en général, de surcroit à droite dure comme la France d'aujourd'hui, les petits pouvoirs et autres individualismes sclérosent totalement les initiatives inspirées.
J'en appelle aux cerveaux des jeunes français, parce que je crois en leur intelligence et créativité profonde. Faites sauter les verrous, entrez dans la révolution des esprits, bousculez les ordres établis. Faites à votre manière, mettez-y du sens et attelez vous à le faire du mieux possible. Et soyez convaincus que ce ne sera pas avec un gouvernement néo-con(servateur) qui ne souhaite sous aucun prétexte mettre l'économie au service du bien être des peuples que vous pourrez exprimer vos talents.
Dès lors, qui donc à gauche nous propose cette vision de la société qui fera que demain, nous travaillerons mieux pour gagner encore? Je vous laisse choisir, mais j'ai déjà ma petite idée sur qui a le pouce le plus vert.

lundi 22 août 2011

Les cigales, les fourmis et l'impôt négatif

Vous êtes encore en vacances, en Amérique Latine, en Corse, ou bien encore dans la maison de Bretagne (oui, oui, que des destinations de BoBo, pour vous mes lecteurs de gauche). Vous êtes bronzés, rafraichis, heureux d'avoir survécu à une nouvelle année de Sarkozisme, soulagé d'avoir sauvé votre assurance-vie jusqu'à la prochaine crise, rassuré pour DSK, plein d'espérance pour Martine, François ou Ségolène (rayez la mention inutile). Mais voilà que dans cette plénitude mi inconsciente mi insouciante, vous avez oublié qu'en rentrant à Paris, déjà énervé et déprimé, la première lettre que vous trouverez au milieu de pubs "discount rentrée" Monop, sera celle du Trésor Public.
Heureusement, pendant que vous roupilliez, le doux son des cigales masquant celui du monde qui s'écroule, la bienveillante petite fourmi Fée Follay elle, pensait...


Au gré de mes pensées, j'ai fait une drôle de trouvaille. Cela s'appelle l'impôt négatif. Le principe est le suivant: tous les citoyens reçoivent le même montant d'allocation de la part du gouvernement, et tous sont assujettis au même pourcentage de taxation sur leur revenu de travail.

Prenons un exemple. Soit un pourcentage de 10% et une prime de 1000 euros.
Si je gagne 1.000 euros en revenu imposable, je paie 100 euros d’impôts, et l’État me verse 1.000 euros. Mon gain net est de 1.900 euros, celui de l’État moins 900.
Si je gagne 10.000 euros en revenu imposable, je paie 1.000 euros d’impôts, et l’état me verse 1.000 euros. Mon gain net est de 10.000 euro, celui de l’État 0.
Si je gagne 100.000 euros en revenu imposable, je paie 10.000 euros d’impôts, et l’État me verse 1.000 euros. Mon gain net est de 91.000 euros, celui de l’État 9.000.

Bien entendu, ce n'est qu'un exemple et il reste a fixer le pourcentage et la prime à un niveau national, adapté à nos besoins. Car présenté de cette manière, cela semble très simpliste.

Ceci dit, il me semble que les avantages sont multiples : effet de lissage de la progressivité de la taxe sur la valeur travail, disparition des effets de seuil, sentiment d’égalité face a l’impôt sur les revenus, flexibilité positive sur les salaires de par l'absence d'un salaire minimum, relance du pouvoir d'achat pour les ménages les plus pauvres, absence d’étouffement par l’impôt pour les ménages les plus fortunés...



Alors mes petites cigales? Ça vous plait comme idée? Réfléchissez-y au moins dans le train du retour. Ça vous évitera peut-être de moins pester telle une fourmi pas prêteuse au moment d'ouvrir la boîte aux lettres.